Retrouvez l'interview Jazz à la Villette : Paul Jarret & Jim Black

Retrouvez l'interview Jazz à la Villette : Paul Jarret & Jim Black

Paul, comment avez-vous fait pour convaincre Jim Black, légende du jazz rock new-yorkais que vous admirez depuis votre plus jeune âge, de collaborer avec vous ?

Paul Jarret : Assez simplement ! Je suis allé sur son site, et je lui ai envoyé un mail… Pour lui parler du dispositif de l’Adami, de mon idée de projet avec lui dans ce cadre et pour lui demander s’il était d’accord pour y participer au cas où on gagnait. Honnêtement, je n’y croyais pas du tout mais je me disais que c’était un prétexte pour entrer en contact avec lui, et peut-être arriver à jouer avec lui un jour. Il m’a répondu très gentiment en me demandant de lui envoyer ma musique, ce que j’ai fait et ça lui a plu. On a discuté un peu de ce que j’avais en tête, et il a été partant. Et contre toute attente, nous avons été lauréats !


Paul Jarret vous a contacté pour vous proposer de participer à une collaboration dans le cadre d’un appel à projets de l’ADAMI. Qu’est-ce que vous a plu chez ce jeune guitariste jazz français ?

Jim Black :Paul m'a envoyé des liens pour que j’écoute sa musique, et j’ai aimé. J'ai pu entendre où il voulait aller musicalement en créant ce groupe avec Jozef et Julien. Je lui ai dit que tant qu'il créerait quelque chose de génial musicalement j'en serais.

Comment s’est passée votre première rencontre ?

P.J : On s’est croisé très brièvement lors de la première séance photo, mais c’était très rapide et surréaliste, on n’a pas pu vraiment discuter. Notre première vraie rencontre était pour notre première répétition. Jim a été très sympa mais j’étais quand même intimidé, et il y avait beaucoup d’enjeux à gérer en même temps : c’était un tout nouveau groupe, j’apportais un répertoire que je n’avais joué auparavant, on ne se connaissait pas tous et on avait très peu de temps pour répéter… Donc j’avais l’esprit bien occupé ! Mais avec quelques répétitions et concerts, tout s’est décanté : on a trouvé notre son de groupe, une manière de jouer ensemble, mes compositions fonctionnent, tout le monde prend ses marques à la fois musicalement et humainement.

J.B : Nous avons joué les airs de Paul depuis le début, je dirais que c’était assez facile. Chaque fois que nous jouions, nous découvrions de nouvelles façons de jouer ses morceaux, dans des directions différentes, et en essayant les idées de chacun pour voir comment façonner notre musique. Trucs de groupe !

Qu’est-ce que vous apporte musicalement cette collaboration ?

J.B : Juste cette belle occasion de faire de la nouvelle musique avec de nouveaux collaborateurs, c'est un plaisir en soi. Je fredonne les morceaux de Paul pendant des jours après notre concert, cela ne peut donc pas être une mauvaise chose. C’est une expérience enrichissante de vivre la création d'un groupe, et c’est formidable de voir que l'Adami soutient les musiciens pour que cela se produise.

P.J : Avant tout, bénéficier de l’expérience incroyable de Jim, et de son regard sur la musique qu’on fait ensemble. Et puis rien qu’en passant du temps avec lui, en jouant ou juste en discutant, ça me permet de voir comment il fonctionne en répétition, dans son processus de composition, comment il appréhende la musique en général, c’est très enrichissant. Et aussi, j’en profite pour lui poser des questions et comprendre comment ont été conçus tous ces disques que j’ai si souvent écoutés. Il a tout de suite été bienveillant et tient à ce qu’on soit tous sur un pied d’égalité dans le groupe, c’est une belle leçon d’humilité mais surtout, ça se ressent dans la musique qu’on fait.

Jim Black, que pensez-vous de la scène jazz française ?

J.B :Je ne sais pas si je sais vraiment ce que c'est? Je ne vois pas la musique et les musiciens que je connais en France dans le cadre d’une scène musicale française… je les vois comme des artistes à part entière, dans leurs présences et carrières internationales. Le monde post-Internet crée un paysage musical qui transcende enfin toutes les frontières, et heureusement. Cela dit, la musique française semble être dans une très bonne période. Beaucoup de groupes jouent de nombreux différents sons de musique.

Paul, au delà de l’aide financière, quels sont les avantages du dispositif «Talents ADAMI Jazz » ?

P.J :J’ai les mains entièrement libres d’un point de vue artistique, j’ai donc pu monter l’équipe que je voulais, et écrire la musique que j’avais en tête sans pression esthétique ou commerciale. J’ai tout de suite eu tous les outils en main pour mener un nouveau groupe comme je l’entends, ce qui est vraiment du luxe.Et c’est très rare d’avoir l’opportunité de faire jouer un nouveau groupe tout de suite sur les scènes de grands festivals, j’ai beaucoup de chance et on se sent « attendus au tournant » donc ça oblige à se poser les bonnes questions. C’est une bonne impulsion pour faire avancer la musique. Enfin, il y a une belle couverture médiatique des Talents ADAMI Jazz et donc de ce nouveau groupe, qui donne aussi un coup de projecteur sur mon activité en général, ce qui est toujours bon à prendre sur le moyen et long terme.